Sélectionné par Het THEATERFESTIVAL 2026
Le jury du Theaterfestival 2026 (Belgium) sélectionne Badke(remix) de Amir Sabra et Ata Khatab comme l’une des créations les plus marquantes de la saison écoulée : « Aucun spectacle n'a été aussi intense et prenant cette saison.»
Le cast, l’équipe technique et toute l’équipe de laGeste sont ravis de cette reconnaissance.
Ne manquez pas Badke(remix) et venez le découvrir les 9 et 10 septembre à De Factorij (Bruxelles/Zaventem), ou lors des représentations en tournée en Belgique, aux Pays-Bas et en France.
Les billets pour Theaterfestival 2026 sont disponibles ici.
Vous trouverez ici un aperçu de toutes les prochaines dates de la tournée.
Rapport du jury Het Theaterfestival 2026
Badke(remix) – laGeste & Stereo48
Il y a douze ans naissait Badke, un spectacle de danse de Koen Augustijnen, Rosalba Torres Guerrero et Hildegard De Vuyst, produit par KVS, Qattan Foundation et les ballets C de la B, qui a tourné dans le monde entier. Badke(remix) n’est pas une simple reprise, mais une profonde réinterprétation portée par les chorégraphes palestiniens Amir Sabra et Ata Khatab sous l’égide de laGeste et Stereo48, avec une toute nouvelle distribution palestinienne.
Le spectacle s’ouvre de manière éloquente. La danseuse Shahd Jabarin quitte la chaîne des corps et amorce, dans un silence saisissant, les mouvements qui reviendront tout au long de la représentation. Les autres la suivent, l'un après l'autre. Peu à peu se dessinent ainsi les contours de la dabké, la danse populaire rythmique palestinienne.
C’est une image magnifique, qui ne cesse de captiver : de la même manière que Jabarin entraîne ses partenaires, la danse populaire palestinienne se transmet de génération en génération. Cette scène, et le spectacle dans son ensemble, ont également suscité au sein du jury une réflexion passionnante sur la notion de répertoire et sur la transmission de la danse. Qu’est-ce qu’une œuvre chorégraphique ? Comment la préserver, la transmettre et la maintenir vivante ?
Badke(remix) se distingue par sa grande sobriété, ce qui rend la puissance physique et la flamme intérieure des interprètes d’autant plus saisissantes. Sans décor ni artifices, les créateurs laissent parler d’elle-même l’énergie festive de la dabké. Les danseurs s’entraînent mutuellement dans une joie inépuisable ; les chorégraphies de groupe se fragmentent en solos qui, à leur tour, donnent naissance à des duos. Badke(remix) est un pur plaisir de danse.
Ou peut-être pas ? À plusieurs reprises, le courant est soudainement coupé. Les danseurs poursuivent leur élan avec acharnement ; dans le silence, leurs chants et le martèlement de leurs pieds résonnent avec encore plus de force. Badke(remix) devrait pouvoir être une célébration de la joie pure, mais il ne peut l’être aujourd’hui. Douze ans plus tard, la colonisation génocidaire menée par Israël contre le peuple palestinien se poursuit sans relâche, plus ouvertement que jamais. La joie palestinienne est aujourd’hui fondamentalement politique, et ce spectacle de danse constitue ainsi un puissant témoignage de résilience et de résistance.
Badke(remix) est une fête irrésistible de l’abandon collectif et, dans le monde cruel qui est le nôtre, un geste politique d’une grande force. Aucun spectacle n’a paru cette saison aussi urgent et aussi contagieux.